Au plus près des communautés vulnérables des îlots du fleuve Congo, la RDC lance le deuxième passage de la campagne de vaccination contre la COVID-19

KINSHASA, 18 novembre 2022. A bord d’un bateau hors-bord de l’OMS destiné aux activités de la surveillance épidémiologique, les équipes conjointes du Programme Elargi de Vaccination (PEV) et de l’OMS embarquent ce mardi 27 septembre. Ils se dirigent vers les différents îlots du fleuve Congo. Sur ces îlots, les personnes qui y vivent ne sont pas encore totalement vaccinées contre la COVID-19.

En lançant le deuxième passage de la campagne de vaccination contre le virus de SARS-CoV-2, les autorités sanitaires espèrent faire un pas significatif pour vacciner et protéger plus de 8 125 personnes issues des communautés vulnérables du fleuve Congo. 

La campagne de vaccination a duré 4 jours, du 27 au 30 septembre 2022, couvrant cinq zones de santé riveraines de la ville-province de Kinshasa à savoir: Gombe, Kingabwa, Masina 1, N’Sele et Maluku 1. 

OMS/Marlène Dimegni Bermi
Les équipes conjointes du Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévention et de l’OMS ont rendez-vous avec ces populations bien souvent mobiles, constituées essentiellement des pêcheurs, petits vendeurs de poissons, ou encore des familles en situation de précarité. « Au départ, nous commençons par des visites dans ces communautés afin d’identifier des personnes éligibles au vaccin anti-COVID-19. Ensuite, nous utilisons des messages essentiels pour les sensibiliser sur l’importance du vaccin, avant de leur administrer les doses selon de leur choix », explique le Dr Levis Bolekola Ekala, consultant pour la vaccination et la surveillance au Sous Bureau de l’OMS pour la ville-province de Kinshasa.
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Chaque équipe de vaccination sur les îlots se compose d’un mobilisateur social, d’un vaccinateur, d’un gestionnaire des données, d’un clinicien et d’un agent de l’ordre chargé de l’accueil des personnes éligibles pour la vaccination. Quand les équipes de supervision arrivent sur l’îlot Israël, cela faisait un peu plus d’une heure que la mobilisation avait commencé. « Je me déplace avec mon mégaphone le long de l’îlot, à la marche ou sur une pirogue, pour sensibiliser le maximum de personnes. C’est toujours un sentiment de fierté pour moi de voir un grand nombre de personnes se ruer vers l’équipe pour recevoir le vaccin », déclare Henri Lisandela, mobilisateur social au PEV.
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Pour les équipes mobiles de la vaccination, il est toujours essentiel de concilier leur calendrier de visites avec la mobilité de ces populations. Parfois chassées par la montée des eaux, au plus fort de la période pluvieuse entre novembre et avril, elles vont d’un îlot à un autre au moyen de la pirogue pour leur survie et ne reviennent que lorsque cela est de nouveau possible : à la baisse des eaux, à l’approche de la saison sèche.

La circulation en bateau hors-bord de ce mardi-là, a prévu au moins quatre accostages tout au long de la journée. Les îlots Israël (zone de santé de Kingabwa), Bakongo (zone de santé de Masina 1), Kamina (zone de santé de la Gombe), ‘10 à 15’ (zone de santé de la Gombe) recevront tour à tour les équipes mobiles de vaccination.
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Sur l’îlot de Bakongo, plane une dizaine de cabanes de fortune sur pilotis. Dans ce décor coloré et suspendu, on peut voir des femmes et des hommes vacants à leurs différentes occupations. Mais la sensibilisation des mobilisateurs à la criée a atteint les oreilles de ces habitants qui ont pris leur mal en patience pour attendre le deuxième passage de la vaccination anti-COVID-19. Ils ont pour la plupart entendu parler de ce virus qui peut affecter tout le monde et tuer les personnes les plus vulnérables vivant avec des comorbidités (diabète, obésité, hypertension artérielle, etc.). A l’abri du soleil ardant, ils se présentent sans hésitation et posent toutes leurs questions.

Depuis le début de l’épidémie, 92 892 cas confirmés et 2 cas probables dont 1 443 décès (létalité 1,6 %) ont été rapportés en RDC. Sur les îlots du fleuve Congo, la population totale est estimée à 17 975, selon les statistiques fournies par le PEV.
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A Kamina, l’îlot qui regarde à vol d’oiseau Kinshasa et Brazzaville – les deux capitales les plus rapprochées du monde – les candidats éligibles sont reçus un par un, sur la base d’un consentement individuel. Une fois que la prise de température avec thermo flash ne signale pas de fièvre autour de 38° C, le bénéficiaire a le feu vert pour recevoir le vaccin anti-COVID-19. « Il y a de l’intérêt pour ce vaccin. A cette heure de la journée, nous avons déjà vacciné 29 personnes. Vingt et une d’entre elles ont pris la dose unique de Johnson & Johnson tandis que huit autres ont préféré le vaccin Moderna. C’est vraiment rassurant », fait observer, sur un ton optimiste, Ndofolo Masampu, un infirmier titulaire rencontré dans cet îlot.
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La supervision conjointe de ce mardi débarque sur l’îlot ‘10 à 15’ où des jeunes mamans venaient de recevoir à leur tour le vaccin anti-COVID-19. Les autorités sanitaires avaient tout planifié pour que l’activité se passe de manière intégrée avec les enfants qui, eux, ont reçu le vaccin de Bacille Calmette-Guérin (BCG) ou encore Diphtérie, Tétanos, Coqueluche (DTC) pour les uns et le vaccin antirougeoleux (VAR) pour les autres. Heureuses, les jeunes femmes repartent tout sourire, brandissant leur carte de vaccination comme un trophée, une invitation aux autres mamans et membres de la communauté à se joindre au mouvement.

Les chiffres de la vaccination contre le virus de SARS-CoV-2 en RDC ont encore un long chemin à parcourir. Jusque fin septembre dernier, 4 971 851 (9,2%) personnes ont reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19 alors que 3 170 717 personnes sont complètement vaccinées, soit une couverture vaccinale de 5,8 %, sur une cible attendue de 53,4 millions de personnes éligibles.
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Cette campagne aura ainsi permis de déployer le vaccin anti-COVID-19 en limitant ainsi le risque de propagation du virus au sein de cette communauté vivant dans la simplicité, au cœur du fleuve Congo.
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Au 4ème jour, c’est une cinquantaine de foyers qui ont été couverts, soit 600 personnes ayant reçu le vaccin contre le coronavirus lors du deuxième tour de la vaccination. Dans ces îlots, cela représente un taux de 7,5% personnes complètement vaccinées sur une cible annoncée de 45,2%. Une progression par rapport au premier passage en juillet 2022, qui avait enregistré un taux de 4,7% personnes complètement vaccinées, selon les chiffres du PEV.

« Si nous sommes en mesure d’aller au plus près de ces communautés vulnérables des îlots du fleuve Congo et d’ailleurs pour offrir le vaccin anti-COVID-19, c’est grâce au soutien infaillible d’USAID, de la Banque mondiale, d’ECHO ou encore de Gavi-Alliance du vaccin. L’OMS remercie très sincèrement tous ces partenaires pour cette immense contribution qui permet d’assurer à ces populations, une protection efficace contre les formes les plus graves de cette maladie qui continue toujours de circuler parmi nous », a déclaré le Dr Amédée-Prosper Djiguimdé, Chargé de Bureau de l’OMS en RDC.
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